Roxanne du Lac ( Laetitia Marie)

mardi 29 septembre 2015

Songes sans sommeil





Du grand destin des amours défuntes


Aux clandestins des sentiers de coloquintes

Restent les ternes ailes de cendre,

Recouvrant le coeur de scolopendres.

Au plus profond des nuits d'insomnies,

Démences, songes à définir des infinis,

Les rêves s'immiscent dans les soupirs,

Ravivant l'ultime flamme des désirs,

D'un drap de soie aux parfums de l'hallali.

A l'appel du loup, n'échapperont que maléfices

A la lueur de la lune, esquisse des orifices.

Que les voix de la pensée sont prolixes !

Quand l'horloge d'un temps se fixe.


mardi 15 septembre 2015

Merveilleuse génération Mac Do et autres délices graisseux... 
Petites Reines de la surconsommation se plaignent parce qu'elles ne peuvent pas ressembler à Barbie. Pauvres petites. Comme il est injuste de créer des poupées auxquelles il est impossible de s'identifier...
Bientôt dans les rayons, nous trouverons "Barbie Caliméro, suis pas aimée parce que je suis trop belle, c'est vraiment trop injuste". Les gamines à la bouche "ketchuptisée" font des crises à leurs parents parce qu'elles n'entrent plus dans les robes de Princesses. "Oh, c'est mignon comme ça bouffonne !" À prendre dans tous les sens du terme, évidemment. Ce n'est plus possible, tu comprends ? Maman a du bide, mais de beaux seins en plastique, tu vois. 
Oh Barbie en crève, Barbie en grève ! 
Allez, "bonnasse", évite-nous la grève de la faim... Tu risques de disparaître totalement dans ce monde où les chattes ont besoin de s'identifier à du "plastoc" pour exister! Et Ken n'aime pas les sacs à viande, tu sais... Ah ouais, ça, tu y penseras trois mois avant l'été en passant par tous les régimes à la mode. Lui aussi, le beau mec est condamné à disparaître ! T'as déjà vu, un "boloss" au smic conduire une décapotable? A part, peut-être, le dealer du coin... Aujourd'hui, les Ken ne passent plus leurs vacances à Malibu Beach. Mâle a vu Bitch, des capotes potables, ça suffira ! Et elle aime ça, la grognasse aux formes généreuses ! Ben quoi, elle a 8 ans et alors ? Dans quelques années, elle ira faire ses courses "love" sur "adopteunmec.com". Faut bien les préparer nos petites ! La vie n'est pas un conte de fées ! Heureusement, Dieu n'existe pas, les héros le remplacent... 
Un vautour américain vole à leur secours : Lammily, la poupée aux proportions « normales » avec option acné, cellulite et vergetures : si tu as trop mangé de cochonnailles, tapez 1. Si tu te goinfres, que le sport, c'est surfait, tapez 2. Si tu aimes jouer au yoyo entre kilos et maillot, tapez 3. C'est ça, la normalité...
Féerie, douces couleurs, innocence enfantine sont des trésors enfouis dans les greniers de nos grands-mères. La calèche restera citrouille. Cendre et pognon sont les nouveaux rêves enfantins.
Coquines, coca, cocaïne... Voilà le résultat du Capitalisme! Barbie "vétérinaire'et Barbie"institutrice" sont au chômage, remplacées par des chiennes qui aiment le shopping XXL, appellent Mike Ken avec le dernier i-phone pour une soirée branchée. Strass acnéique, cellulite immortalisée dans le téléphone cellulaire, de verges en vergetures... Après la biture, on se repoudre le nez.
C'est tellement ça, la vie.

lundi 23 février 2015

Billet doux




Photo de Anastasia Mastrakouli
Mon bel affranchi,
Ce soir, j'ai décidé d'être ton billet doux.
Délivre-moi de mon enveloppe corporelle et fais-moi frémir sous tes doigts !

Je t'en prie.

Découvre mon pli délicatement ! 
Joli don de moi-même. J'ai de l’érotisme à mettre entre tes mains.  
Un peu farouche, souvent timorée, je m'interdis la lettre muette. Notre passion bouscule les mots de la sagesse.

Comment pourrais-je introduire le sujet ? Simplement. Sans vulgarités. 

Je veux que tu noircisses ma blancheur. Inscris nos envies sur ma feuille encore vierge ! Imprime-moi de ton encre indélébile !
Nos esprits charnels se mêlent. Lettres entrelacées. L'excitation laisse filer l'encre d'un désir pulsionnel.

La large pointe de mon surligneur couvre et met en évidence ma cruelle frustration.

Urgente, recommandée, ouverte, je suis aussi une lettre de noblesse prête à recevoir le talent du va-et-vient de ta plume.
Sous ton supplice, je devine les prémices d'une majuscule suivie d'une minuscule. L'esquisse de mon Cher Amour me propose le délice d'un prologue savoureux. Les lettres se chevauchent dans un parfait accord, je deviens italique et me couche sur le papier.

Ta tentation est débordante, frénétique. 

La page sera-t-elle assez grande ?
Tu es ma littérature et je te dévore. Sous l'effet de ta plume, le plus beau de tes mots s'allonge. Sur un tas de papier, je vais te priser. Entre mes mains, je sens ton mot devenir gros. Tu t'épanches à l'intérieur de tes lettres. Les lignes de ta main insistent sur les rondeurs de mon corps. Dans l'abandon le plus total, une symbiose idyllique, tu te livres et je m'ouvre à toi. Il m'est impossible de rester lettre morte, sans réponse. Je me lie à ton art graphique. Les courbes de mon corps s'arrondissent, je deviens cursive et me prépare à recevoir le bout de la queue. Ne t'inquiète pas mon amour, nous ne sommes pas encore arrivés au bout de la lettre.

J'ai l'art de jouer avec les mots parce que tu as le doigté littéraire. Ton plaisir est de me lire, et voir l'illustration de notre savoir faire. Nul besoin d'un traité pour exprimer notre volonté commune d'une rencontre en toute complicité.

Je te caresse dans tous les sens du terme et d'un point final je te puiserai à terme.
Dans la pièce, sous l'influence de ta plume, se font entendre grincements et couinements. Souffle léger de quelques lettres aspirées, murmures fragiles d'un « A » ou d'un « O », sonorités syllabiques jouissives, mon esprit se détache de toutes réalités.

J'aime les lettres et sans calculs, je veux te poster, te faire voyager en moi. Feuillette-moi, explore-moi et bombarde-moi de tes tendres mots. Tu effleures les contours de mon récit fictif. Tes yeux me fixent lorsque, inspiré, tu y insères ton plus beau vers. Tu m'étales sur ton bureau, sous le poids de ta plume, je frémis encore et toujours plus. Au rythme de tes écrits, la lueur d'une bougie s'agite. Je suis recouverte de ton ombre divine. Tu me tournes et me retournes à l'endroit, à l'envers, de face pour conclure dans un recto verso fantasque. "Sens" dessus dessous, j'expérimente tes fantaisies dans la langue de Molière, mon Gentilhomme Bourgeois. Ta folie me fait perdre mon latin. Susurre-moi encore ces mots d'hier. Emporte-moi dans ton univers. Voyageons jusqu'au firmament de notre excitation, quitte à en finir timbrés pour l'éternité.

Il ne faudrait pas prendre ces mots au pieds de la lettre, mais regarde dans le lexique de mes envies comme je m'envole. Je deviens feuille volante, libre sous ton emprise.

Imagine que tu sois lettre et que je sois boîte. Avant de partir, entre lentement une dernière fois. Les mots sont faibles, non connus mais la fente se fait accueillante, et d'un glissement, tu te sens prêt à faire une petite virée. Petite lettre, de grâce, invite-moi dans ton paradis, expédie-moi comme un aérogramme. La tentation de découvrir l'obscurité de mon tunnel est grande. Je t'accueille, viens...
J'aime te sentir m'introduire en un mot ! Ce moment est si profond que je jouis sous ce vocabulaire riche et pur que je devine à travers ton enveloppe. Suis-je boîte ou lettre ? Je suis perdue dans l'euphorie de nos ébats, mais je garde en mémoire l'adresse de celui à qui je me destine. Un dernier plongeon dans un bain de littérature. Lettre, encre, boîte fusionnent. Nous sommes deux âmes indissociables, nous virevoltons l'un dans l'autre, unis jusqu'à ne faire qu'un. Seul résonne le dernier cri orgasmique. Dans l'obscurité, je suis maculée de ton encre. Tu as déchargé tous tes mots pour rendre la page blanche et découvrir de nouvelles sensations. Pourquoi ne pas passer à la grammaire ? J'ai quelques règles à te proposer. Serais-tu prêt à relever ce défi ?

(LM)

dimanche 12 octobre 2014

Faux départs (extrait)

    
Didier Avinés, Artiste peintre amateur à Douai. 




  Peinture à l'huile: L'orée du bois.
http://www.didieravines.fr/peintures




           Il y a quelques mois, elle a retrouvé un de ses vieux carnets, celui-ci a échappé au feu. Elle a relu ses notes avec ses incontrôlables ratures, ses peurs, quelques dessins, de simples pensées d'une enfant de six ans qui découvrait l'écriture. Puis, il y avait l'adresse d'une dame...
Elle ne se souvient plus de sa voix. En revanche, elle se souvient qu'elle lui avait dit « c'est à l'orée du bois ». Elle trouvait ça beau « à l'orée du bois ».
Punky n'aimait pas l'école, à part les vieux bancs en bois, l'immense carte du monde, Oscar le squelette, Mme Doublet et son adresse qui la faisait rêver. Elle était la seule de la classe à posséder les coordonnées de la maîtresse car la môme espérait lui écrire, un jour. C'était un secret entre elle et Punky. Pour la gosse, c'était comme un trésor, un bon point, quelque chose de si précieux aux yeux de cette enfant qu'il existe encore presque trente ans après. Cette dame avait compris Punky, elle savait qu'elle s'ennuyait. La maîtresse d'école était à la fois déçue lorsque ses parents ont refusé le saut de classe et ravie de la retrouver au niveau supérieur. C'était chouette, CP et CE1 avec cette petite dame aux cheveux bouclés. La môme la regardait, elle était persuadée que c'était la sœur de Pierre Perret tant elle lui ressemblait, même si elle n'avait pas le même nom. D'ailleurs, elle avait remarqué qu'elle portait une alliance, il était donc normal qu'elle n'ait pas le même nom. Punky ne voulait pas la décevoir alors elle rêvait et travaillait aussi. Après ces deux années, Punky a fait semblant de ne plus savoir sauf quand c'était vraiment intéressant , d'où les gentils commentaires dans ses carnets de notes : « travail irrégulier, trop de ratures, brouillon, rêveuse, vos cahiers sont de vrais torchons » Ce qui était faux, sinon elle aurait pu essuyer la vaisselle avec. Punky croit que le plus mémorable d'entre tous c'est celui de son maître d'école du CM2: « il n'y a pas que le sport et l'art à l'école ». C'est fort possible...Pourtant, il était bien content ce Monsieur quand le journaliste est venu à l'école pour ce premier prix remporté lors d'une rencontre sportive confrontant toutes les classes de la ville. Un chèque pour l'équipement sportif de l'école gagné sur le dos des enfants. Elle trouvait cela injuste car c'était grâce à peu d'entre eux, les meilleurs en sport et c'est tout. De plus, l'année prochaine, elle quittait l'école primaire pour le collège. Alors, ce n'était pas vraiment un cadeau parce qu'on ne reprend pas ce qu'on offre. Il était fier aussi lorsqu'il a demandé à des entraîneurs de venir la voir courir dans la cour d'école contre des garçons. Alors pourquoi l'humilier ensuite ? « Madame Mère au tableau pour la dictée ! »  Cette façon de la nommer, elle s'était habituée. Ce jour-là, ce qui avait dérangé Punky c'était la suite : écrire à la craie, debout derrière un tableau ce n'était pas juste par rapport aux autres assis confortablement. Comment écrire droit avec des lettres cursives ? Elle avait trouvé la solution : écrire en lettres scriptes. Elle pensait que son idée était géniale. Ce n'était pas le cas apparemment quand elle a vu la colère dans ses yeux en retournant le tableau face à la classe. « Mademoiselle, ce n'est pas parce qu'on a le corps d'une jeune fille qu'on doit jouer à la grande. Veuillez garder votre crise d'adolescence et votre fantaisie pour le collège. Dommage, ce sera un zéro pour votre manque de respect ! » Quel était le rapport entre son corps et l'écriture scripte ? Elle ne comprenait pas. Tout ce qu'elle savait, c'est qu'elle avait eu zéro au lieu de huit sur dix pour avoir écrit de cette manière et que c'était de la faute de sa taille et de sa poitrine. 

 Depuis ce jour, Punky détestait le tableau, son corps, les autres. Quant à lui, qu'elle ne nommera pas, elle le détestait tout autant qu'elle appréciait ce qu'il avait fait pour elle. Grâce à lui, les entraîneurs sont venus chez elle un jour...
C'était certain, elle devait intégrer le club d'athlétisme dès la rentrée au collège.

mercredi 1 octobre 2014

L'ivresse


Quelques vers de comptoir 
ou
 un reste de Somme lié à l'ivresse du maître de chai. 


La carafe décantée, le petit homme peut raconter...
Voici l'histoire d'un amateur de vin qui aimait visiter les beaux domaines.
Ce jour-là, complètement bourré, il s'était perdu au Château de La Sauvageonne.
Soudain, il n'en crut pas ses yeux devant un tel canon qui s'offrait à lui. Au nom de Bacchus, il avait pourtant pris son Médoc. Malgré ses culs de bouteille sur le nez, il remarqua aussitôt les yeux divins, pétillants de la propriétaire. Quel Beau Regard ! Véritable bulle de plaisir, sensation de picotement, il sentait la mousse monter.
-Homme de tradition, permettez-moi ma chère de vous partager mon sentiment. Je n'ai pas le raffinement d'un Rothschild cependant un seul regard sur vous et mon corps célèbre votre venue. Quel privilège ! Quelle finesse ! J'en ai les papilles qui me chatouillent.
Le teint de la dame devint rosé.
-Oh ! N'auriez-vous pas remarqué la couleur de ma robe ? Je suis veuve. Il y a bien longtemps que je ne me suis pas ouverte à un homme.
-Ne vous souciez pas, j'ai toujours mon tire-bouchon avec moi ! Belle veuve, Ô Clicquot brut ! Laissez-moi pour cette occasion, vous présenter la délicatesse de mon Magnum !
-Je vous en prie, évitez le Gros plan. Si cela S'en tenait qu'à moi...
-Alors Chinons un verre à cette bouteille et je vous promets un destin somptueux aux notes délicates, révélant les arômes d'un millésime.
L'amateur qui avait de la bouteille, sut rapidement convaincre la belle châtelaine. Jurant son honnêteté, elle Jura fidélité. Comme une déesse, la Veuve Ambal à en perdre haleine, découvrit la matière délicate d'un fruit gourmand et juteux sur un lit de paille moelleux.
-Mira belle ! J'ai le goulot Perlé !
-Monsieur S'en Sert peu souvent ?
-Ne dites plus un mot ! VoiLà Ma Drague réussie, dégustez à présent !
En silence, la sauvageonne se mit à l'oeuvre, une belle longueur en bouche.
-Vous êtes sur le point de découvrir ma « réserve particulière »
Dotée de vivacité, l'expression aromatique ne sut tarder et délivra la lie dans une bouche devenue riche en liqueur.
-Alors ce petit blanc ?
-Un vin d'exception !
-Vous avez ma chère, une langue d'oc qui assèche, j'ai les raisins secs ! -Trinquons et buvons encore...
Ils s'abreuvaient en discutant, en se caressant...Le vin commençait à faire tourner les têtes...
-Votre Sein Est Mignon! Il ne sera Pas Long de retrouver l'énergie !
-Si vous le dites !
-Allez ! Assez de Giscours, découvrons votre cave...
-Oh, vous jouez les Gaillac mon cher !
-Grimpez sur Latour ! Mais, dites-moi ? Votre sol est encore fertile ?
-Il me semble oui !
-Dans ce cas, restons sur La Garde ! Présentez-moi votre fût !
-Soyez poli ! Regardez-vous avec votre barrique !
-Cessez de parler ou j'ajoute deux chaînes au fût !
-Ah ligotez-moi ! J'aime l'idée !
-Quel Cul ! Véritable presse tige !
Pinot noir, pine au chaud, vin chaud et petites joues rouges en prévision...
LM ( octobre 2014)

mardi 9 septembre 2014




Nuit après nuit, je creuse ma tombe dans mon lit. Les contes de fées s'éternisent sur mon étagère et mes livres fermés à double tour en haut de ma tour profitent de leur "Happy End". Pendant ce temps, le mal vient frapper à ma porte. Aux douze coups de minuit, je cogne ma tête contre l'oreiller pour fuir . Je suis une princesse coincée entre deux couvertures et j'attends que l'auteur de mon destin écrive le mot "fin". Il est inutile de croire aux fées. Elles possèdent des baguettes qui ne s'expriment que sur une ligne et les lettres s'envolent dès qu'elles prononcent la formule magique. Quant aux Princes Charmants, ils délivrent seulement les âmes dites "Fleur bleue" qui se couchent sur le papier dès les premiers mots. Ils font les fiers en sortant l'épée de leur fourreau et souillent les pages vierges en semant d'une encre noire le vice indélébile.

LM (mars 2013)

lundi 4 août 2014

Golo




J'me présente, Herbert Golo.
J'suis Titi pas parisien. 
Paris, Hyène. Paris, Chienne. 
Je parcours Paname et son macadam. 
Péris féerie !
Métro gnomes, 
Métro, plein de mots,
Mes « trop plein » de Parigots.
Têtes de maux.
Je graffe E.T pour trouver maison. 

Sur les quais, j'encre en Seine. 
Va pas te mouiller, petit !
Gare aux flaques !
Gare aux gouilles !
Gare aux flics !
Gare aux gargouilles !
Écoute mon ventre creux...
Gardes de mes...J'ai pas la trouille !
Je bouffe du gueux à longueur de nuit.

Les gares grouillent de vide et hauts-fonctionnaires.
Saint hasard du Con par masse ?
Marre du Porc et de la Peste !
A mort, Pions à la Merci d'une raie publique! 
Austère liste de mes trouvailles. 
Pardonnez-moi si je déraille! 
J'ai pas de train, je suis en pétard. 
Ça me rend malade, ça me rend crevard.
Je veux boire du vert, 
Mettre un terme au mètre limité... au cul de Notre-Dame. 

Inconnu, éclaire ma lampe terne !
Tu rêves Herbert ! 
Les mots filent dans les artères de Paris. 
Vas pisser le sang de ta colère le long d'un réverbère !
Paris et mes bobos : celui qui pense, ment.

Paris de toi à moi ;
Et moi sans toit.

Dormeur du canal à mourir de rire
Un pari par vie pour unique Défense. 
Paris tue ses pairs,
Paris tragique, Paris comique,
Paris Cid. 
A Paris, Golo se promène, attend sa chute...
Langue de bois, j'suis artiste bûcheron.
Paris scie l 'âme au nez !


Laetitia Marie
(4 Août 2014)

samedi 7 juin 2014

Au grenier des décapités






Dans ce grenier, il y avait un démon, c'était donc vrai!
Depuis son arrivée, elle n'avait pas pris le temps de s'occuper de ces cartons entreposés, là, dans le noir. Des bibelots en boîte, des conserves "souvenirs", il suffisait d'éventrer ces cartons pour retrouver une mémoire servie sur un plateau d'argent, simple reflet de ses cheveux blancs. En les ouvrant, elle découvrit avec stupeur les cadavres de ses chérubins.
Diantre! Tous les anges étaient décapités! 
Elle ne rêvait pas: le sort était le même pour toutes les petites statuettes. Chacune de ces boîtes dissimulait sous un linceul de papier journal, la triste nouvelle. 
Que voulait ce démon, se faire une soupe aux cheveux d'ange?
Un seul avait survécu au massacre. Il demeurait sur une étagère, là, au rez-de-chaussée. L'oublié aux ailes coupées, n'était pas parvenu à s'envoler jusqu'au grenier des décapités.

vendredi 30 mai 2014

Paris Fantastique de Rodolphe Trouilleux




Rodolphe Trouilleux, c'est un Mercier, un Restif de la Bretonne du XXIe siècle ...
Il ne raconte pas, il vit et nous fait vivre ces histoires merveilleuses, bizarres, incroyables !
Je vous conseille vivement ce livre aussi remarquable que son auteur. Laissez-vous emporter par sa magie et vous découvrirez un "Paris Fantastique"! (LM)




Paris Fantastique
Rodolphe TROUILLEUX

Dans Paris macabre (Le Castor Astral, 2012), Rodolphe Trouilleux proposait déjà une géographie du pittoresque et de l’incroyable. Toujours animé de ce goût de l’étrange et vu le succès du livre, l’auteur a voulu poursuivre sa quête du merveilleux parisien. Rodolphe Trouilleux sort ainsi de nouvelles affaires, toutes authentiques, découvertes en fouillant des masses archives et divers grimoires devenus introuvables. Livre en main, le lecteur peut ainsi partir à la rencontre d’un « folet » napolitain ou d’un fakir birman, comprendre pourquoi Bichat perdit, puis retrouva sa tête. Il peut chasser le lapin au Père-Lachaise, entendre des voix tirées du néant ou croiser un pharmacien astronome. Bien d'autres récits, contés avec précision et humour par Rodolphe Trouilleux, détective de l'histoire, attendent l’amateur d’insolite. Grâce à des localisations géographiques précises, le Parisien néophyte autant que l’arpenteur obstiné partiront, sourire aux lèvres, à la découverte des affaires les plus bizarres et incroyables des rues de la capitale.

mercredi 28 mai 2014

La  violence  est un cadre de vie nauséabond qui emprisonne la toile, vole l' identité du portrait, massacre ses couleurs naturelles. Aidez l'oeuvre fragilisée à retrouver ses expressions d'origine, libérez-la du cadre!


LM (mai 2014)

mardi 20 mai 2014

A ton absence!

Perdus les mots,
Perdues mes insomnies, 
Mon coeur en lambeaux; 
Soupirs etouffés par l'agonie. 
Les nuits sont sombres, les jours obscurs, 
Je tends ma main vers le firmament. 
Pluie de pavés en sépultures
Coulent les larmes de Satan. 
Allez l'ami, cicatrise mes blessures!
Emporte-moi vers tes sentiers battus!
Enivre-moi de tes alcools défendus!
Perdue la passion, 
Perdu le chemin, 
Je cherche ma route sans prétention
Dans la profondeur de tes yeux divins. 
Venin de mes incertitudes, 
Je divague sous l'emprise de ton absence. 
Assassin de ma béatitude, 
Je m'accroche aux promesses de la magnificence. 
Où sont les splendeurs de mes souvenirs ? 
Quand résonne le silence de mon avenir. 

LM Les pieds ailés au coeur désemparé
Une candidature spontanée, c'est quoi? c'est écrire une lettre dans un parc pour enfants, jouer avec eux, se tromper une fois, se tromper deux fois, ne pas pouvoir se tromper une troisième fois car tu n'as plus de papier... sortir du parc, voir son nom et réaliser qu'il était évident de se tromper au jardin des éléphants.
LM (mai 2014)
L'écran de mon ordinateur devient vert et rose, je crois que je suis connectée à une planète extraterrestre pendant la saison des amours.
Roxanne Du Lac (LM) 13 mai 2014

vendredi 21 mars 2014

Insomnie de l'inconscient


Ne plus avancer, marcher à contresens. 

Mon cœur bat à l'envers. Je débite et décrypte le verlan de mon inconscient. 
Foule angoissante. 
J’étouffe. Agonie suffocante. La vie est provocante, n'est-ce pas ? 
J'ai la tête en vrac. Je veux courir sans mes jambes, tendre mes « sans bras » vers toi. 
Me recouvrir d'un drap. Devenir un fantôme qui déambule dans les couloirs de la vie.

Morcelée, décomposée.
Se décomposer pour mieux composer.
Pour une fois, je n'ai pas envie d'écrire. Je veux parler, crier, expulser mes souffrances.
Le mutisme est parfois trop bavard. Je suis à la fois victime et barbare.
Sors de mon corps !
J'attends que le vent souffle pour me sentir plus légère. Virevolter dans l'insouciance, loin de mon existence « mappemonde », réalité immonde nappée de beautés sucrées.
Immondices de contradictions à jeter sur du papier recyclé.
Me recycler, m'effacer, me gommer, me réécrire.
Tout se mélange.
Plus rien à de sens.
Je veux dormir d'insomnies. Vivre la nuit, mourir le jour.
Réservoir à sec, teint blanc-bec, tout mon être en break.
Obstacles et chaînes se déchaînent, propulsés, explosés. Je me déchire.
Je ne suis qu'une particule de moi-même. Je ne me connais pas. Mon reflet n'est qu'une image approximative. Ma voix, l’écho d'un autre.
Mon esprit apprécie les voyages qui le décrochent de la corde qui le pend à la vie.
Larguer les amarres.
Respirer le grand air.
Manquer d'aires.
Les abondances de mes réminiscences s'échouent sur la fréquence de l'absence. Je ne suis plus là, ici et ailleurs.
Voguer sans navire. Des rêves devenus vagues.
Partager mon Lucifer à chaque gorgée. Me noyer aux profondeurs de l'ivresse. Tourner la page. Reprendre au début. Retenir la fin et oublier le reste.
Pirater mon être, laisser mon paraître sur l'île déserte des connaissances.
Exubérance de l'enfer, parade et contre parade du paradis.
Cadre sans style. Je veux sortir de la toile. Mes cheveux dénoués, ondulés transportent le radeau vers un tourbillon médusé. Un parfum de gouaches se propage sur la voie contradictoire. Je rêve de devenir un piaf qui vaut mille or, emporté par la houle de mes souvenirs. Refrain lointain à la voix éraillée d'un vinyle rayé. Se perdre dans l'abstrait des rêves.
Tout se mélange.
Je dessine l'esquisse d'un tracé déjà colorié.
Réel ou imaginaire.
Rêves éveillés mènent vers la douleur du premier cri de la vie.
La vie est faite de contradictions. Naître sans être. N'être qu'un traître.
Laisser paraître un sourire courtois dans l'appendice d'une vie éteinte de réussites. Mes yeux ne pétillent plus. Ils crépitent et ravivent les lames funestes.
Bulles de champagne coupées du monde. M'isoler et m'éclater contre la paroi d'un verre vide.
Contresens et sens concrets.
Morte avant le combat.
Trajectoire en dérive, condamnée à subsister.
S'arrêter aux besoins primaires. Mon esprit est encerclé d'idées téméraires.
Se flageller d'être unique, avoir été le flagelle qui a tué ses frères.
Ne pas supporter autrui et se soumettre à l'autre.
Oublier l'animalité, censurer la normalité, accentuer la vulgarité d'une existence inutile.
Trouver, perdre, s'acharner, suffoquer.
Il pleure l'enfant que je n'aurai jamais. Nausées prématurées d'un ventre creux.
Prier pour ne rien changer, que les saints me nourrissent de leurs charognes.
Le lai coule sous mes plaies aux délicats plaisirs avariés, papier imbibé d'une eau croupie.
Symboles de vie.
Éléments fortifiants offerts au compte-gouttes. Tendre anémie voile doucement l'alchimie de mes os septiques qui se décomposent avec l'aide de la chère Mère aux nerfs à vif.
Prétexte sous-jacent de mes craintes immatures. Folie machiavélique enivre les mauvais esprits.
Principe de l'illogisme, sens cachés ou inversés.
Je censure et oublie ma mémoire.
Mûrement, je réfléchis, violée par la naïveté emmurée.
Déjà demain.
Aujourd'hui, pas encore.
Hier, peut-être.
La vie est une douce voie contradictoire. L'humain, un être conscient perdu dans l'inconscience de la Planète Terre. Tête ronde, pensée plate.
La vie est un leurre, une image, un mythe.
On n'existe pas, on n'existera jamais. Le temps ne s'endimanche du pluriel que pour plaire aux orgueilleux. On y laisse un « s » pour tromper l'ennemi, cacher la vérité. Tenir en laisse, accéder à la sagesse, inventer la philosophie. Le temps est le seul à préserver tout son sens.
Aucun retour en arrière possible.
Vouloir des limites dans l'infini.
Si l'existence est insupportable, il faut taire ses plaintes et condamner celui qui a voulu nous mettre sous terre.
Nourriture terrestre. Voilà, ce que nous sommes !
On vit, on meurt. On s'enterre pour nourrir la Terre. La nature prend le meilleur et laisse aux hommes la vermine polluante qui les constitue.
Ne pas entendre l'alarme. Se réveiller sans avoir dormi.


LML ( 21 mars 2014)

vendredi 21 février 2014

Démocratie et littérature.




CHAPITRE XIII.
Physionomie littéraire des siècles démocratiques (extrait)



Dans les démocraties, il s’en faut de beaucoup que tous les hommes qui s’occupent de littérature aient reçu une éducation littéraire, et, parmi ceux d’entre eux qui ont quelque teinture de belles-lettres, la plupart suivent une carrière politique, ou embrassent une profession dont ils ne peuvent se détourner que par moments, pour goûter à la dérobée les plaisirs de l’esprit. Ils ne font donc point de ces plaisirs le charme principal de leur existence ; mais ils les considèrent comme un délassement passager et nécessaire au milieu des sérieux travaux de la vie : de tels hommes ne sauraient jamais acquérir la connaissance assez approfondie de l’art littéraire pour en sentir les délicatesses ; les petites nuances leur échappent. N’ayant qu’un temps fort court à donner aux lettres, ils veulent le mettre à profit tout entier. Ils aiment les livres qu’on se procure sans peine, qui se lisent vite, qui n’exigent point de recherches savantes pour être compris. Ils demandent des beautés faciles qui se livrent d’elles-mêmes et dont on puisse jouir sur l’heure ; il leur faut surtout de l’inattendu et du nouveau. Habitués à une existence pratique, contestée, monotone, ils ont besoin d’émotions vives et rapides, de clartés soudaines, de vérités ou d’erreurs brillantes qui les tirent à l’instant d’eux-mêmes et les introduisent tout à coup, et comme par violence, au milieu du sujet.
Qu’ai-je besoin d’en dire davantage ? et qui ne comprend, sans que je l’exprime, ce qui va suivre ?
Prise dans son ensemble, la littérature des siècles démocratiques ne saurait présenter, ainsi que dans les temps d’aristocratie, l’image de l’ordre, de la régularité, de la science et de l’art ; la forme s’y trouvera, d’ordinaire, négligée et parfois méprisée. Le style s’y montrera souvent bizarre, incorrect, surchargé et mou, et presque toujours hardi et véhément. Les auteurs y viseront à la rapidité de l’exécution plus qu’à la perfection des détails. Les petits écrits y seront plus fréquents que les gros livres, l’esprit que l’érudition, l’imagination que la profondeur ; il y régnera une force inculte et presque sauvage dans la pensée, et souvent une variété très grande et une fécondité singulière dans ses produits. On tâchera d’étonner plutôt que de plaire, et l’on s’efforcera d’entraîner les passions plus que de charmer le goût.
Il se rencontrera sans doute de loin en loin des écrivains qui voudront marcher dans une autre voie, et, s’ils ont un mérite supérieur, ils réussiront, en dépit de leurs défauts et de leurs qualités, à se faire lire ; mais ces exceptions seront rares, et ceux mêmes qui, dans l’ensemble de leurs ouvrages, seront ainsi sortis du commun usage, y rentreront toujours par quelques détails.

De la démocratie en Amérique. Alexis de Tocqueville


jeudi 13 février 2014

Les oubliés.

Quiétude de la nuit, la pièce respire, l'ampoule s'affaiblit, puis s'éteint sans éclats...
Je poursuis mon travail dans le noir à la lueur de mon écran d'ordinateur. Quelques minutes passent.
L'ampoule se réanime tel un feu qu'on attise avec délicatesse. La lumière envahit à nouveau la pièce. 
La clenche de la porte s'incline vers le bas puis se relève en silence. Personne devant, personne derrière.
Je souris, ça tombe bien, je souhaitais faire une pause...
Installez-vous, prenons un café et discutons...
Il me reste peu d'heures de sommeil, la rue s'anime dès l'aube. Les fous se réveillent, il est temps pour moi de me reposer. Plus la lumière du jour se glisse entre les ruelles du village et plus la circulation s'affole.
Je me couche au petit matin, je me lève au petit matin, je suis au rendez-vous du petit matin.
Quelques minutes de retard, on me refuse.
Je me révolte.
Vous, qui la fois précédente, osiez me convoquer à un rendez-vous en sachant que vos portes seraient fermées. Vous, qui pensiez qu'Amazon ou l'espace culturel de Leclerc étaient des librairies. Vous, qui osiez me dire que la littérature n'existe plus. "Oh, Ma Dame, je vous mets dans quelle catégorie ? Les Lettres n'existent pas dans mon fichier informatique."
"Les Lettres s'effacent, les chiffres prennent le pouvoir...A quoi ça sert de mettre les chiffres en avant quand on ne sait pas compter...Moins d'offres que de demandes, travailler plus pour gagner moins, tout cela pour dépenser plus que l'on a. Créez la case: rêveur en perte de créativité ou bien en voie de disparition"

Aujourd'hui, vous me refusez pour une aiguille au poing levé un peu trop haut. Veuillez m'excuser, je ne porte pas de montre. Le temps est un leurre qui conduit l'Homme à l'anéantissement. Je hais cette dépendance qui me lie à vous.
Vivement le retour de la nuit, les fantômes sont des êtres bien plus intéressants, ils m'ouvrent les portes et m'éclairent vers un autre monde: celui des oubliés.



Roxanne Du Lac (LML) 2014

mercredi 12 février 2014

Le Vaisseau Spécial


Le Vaisseau Spécial
(Laëtitia Marie)



Travail d'écriture "radiophonique" 
( musique imposée, texte libre, travail sur la voix, 
introduire des bruitages, enregistrement sur un simple smartphone)


mardi 11 février 2014




Je ne voulais pas naître. Mes parents ont attendu sept années avant de me voir apparaître.
Je ne voulais pas naître. J'ai tardé, dépassé la date avant d'être.
Je ne voulais pas naître. Je connaissais déjà mon caractère salpêtre.
Je hais ce monde. Je ne suis pas de ce monde et je ne le serai jamais.

Roxanne Du Lac
(LML)

lundi 3 février 2014

Va me chercher des bananes!

Extrait: 

Vile putain qu'elle est, prête à déféquer sur ce monde tout aussi ignoble qu'elle. Elle veut jouer dans la cour des grands, mais elle n'est qu'une petite poupée au corps désarticulé. Rien dans la tête. Petit grain de folie. Hauts les cœurs, huez si cela vous plaît la sorcière qui est en elle. Haut-le-cœur, elle vous gerbe son bouquet fleuri de douleurs sur vos faibles esprits étriqués. Elle emmerde le conformisme, les obligations et les restrictions. En somme, elle emmerde la vie depuis sa naissance. Rien de plus égoïste que de donner la vie. Son premier cri déversait sa haine contre cette sélection naturelle incontrôlable. Pourquoi elle ? Qui avait décidé pour elle ? Elle ne voulait pas vivre parce qu'elle préfère la nuit, les fantômes, l'invisible, le silence, le néant. La vie est une torture perpétuelle. La beauté des paysages, les sentiments d'amour, les joies ne sont que des leurres pour lui faire accepter une condition humaine qui salit son âme et son innocence. Dis, quand arrivera l'heure du soulagement ? Quand la mort viendra-t-elle balayer tous ses péchés d'avoir vécu dans un monde qu'elle n'a jamais désiré. 

(Laetitia Marie-Legros)1993-2013

Cher Père Noël,

Je souhaiterais un punching ball avec mon portrait. J'ai besoin de me défouler sur ma plus grande ennemie.

Roxanne Du Lac (LML)2013