Une candidature spontanée, c'est quoi? c'est écrire une lettre dans un parc pour enfants, jouer avec eux, se tromper une fois, se tromper deux fois, ne pas pouvoir se tromper une troisième fois car tu n'as plus de papier... sortir du parc, voir son nom et réaliser qu'il était évident de se tromper au jardin des éléphants.
Roxanne du Lac ( Laetitia Marie)
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mardi 20 mai 2014
lundi 3 février 2014
La valise vide

Aujourd'hui, je ne pars pas sur Paris les mains vides, mais avec une valise vide.
Un petit voyage imaginaire.
A mon retour, elle sera peut-être chargée d'histoires à raconter...
Roxanne Du Lac (LML) 2013
dimanche 2 février 2014
Entretien avec des papillons de nuit
Quel est l'intérêt de vivre la nuit si vous êtes autant attirés par la lumière ?
Je peux comprendre que la Lune soit votre repère, mais de là, à la confondre avec les phares de ma voiture, non mais sans blague, faut pas en avoir beaucoup sous les papillotes !
Vous êtes nostalgiques ? Hey les potes, une boîte de nuit, venez, on va danser la chenille !
Splach, allez, vas-y, c'est en bande que ça s'éclate sur le dancefloor !
Et les autres qui suivent le mouvement...
Un problème de personnalité ?
Un petit conseil...
Quand vous voyez vos semblables se transformer en acné sur la carrosserie, faut savoir remettre en question la cohésion sociale et dire stop!
Respectez, je vous prie, le sens du mot papillonner : passer d'une chose à une autre sans s'y attarder ! Pour le coup, c'est raté!
Et moi, je ne suis pas une adepte du tuning, je n'ai pas besoin de Stickers "papillon" pour décorer ma voiture! Adaptez-vous à votre milieu et cessez donc le massacre!
Vous êtes suicidaires? Hey les mecs, je n'en peux plus de voir nos gueules ternes, ça fait une nuit qu'on brasse de l'air! Et pis, paraît que le nœud pap', c'est has been ! Plus rien à foutre, tendons nos ailes vers la lumière éternelle !
Splach, allez, vas-y, c'est en bande que ça s'éclate comme des sectaires !
La vie n'est-elle pas assez éphémère ?
Si un jour ou une nuit, je dois me réincarner, pourvu que je ne devienne pas un papillon de nuit...
Roxanne Du Lac
Laetitia Marie-Legros (septembre 2013)
La rencontre féerique.
« Une cliente, petite dame avec un chapeau et un grand manteau orange, ses yeux colorés de paillettes ressemblaient à des étoiles filantes et ses boucles d'oreilles plumes rendaient son imagination encore plus subtile, une dame d'un autre monde.
J'entends une voix s'adresser à moi : vous êtes magnifique, vous êtes une fée et vous ne le savez pas !
Je me retourne, cette petite dame apparaît devant moi et d'un air étonné, je réponds: Pardon ?
La cliente: oui, je remarque les fées puisque je les crée. Et vous, vous en êtes une, une vraie...Je vous regarde travailler depuis un certain temps. Vous avez quelque chose de lumineux que vous transmettez sans le savoir. Vous avez certainement de l'or en vous, il faut le partager. Il y a des étoiles dans vos yeux, ils brillent... Vous m'inspirez et grâce à vous une petite fée va naître...
Je suis certaine que vous êtes très imaginative et que vous aimez créer...
Moi: j'aime écrire...
La cliente: j'en étais certaine...Les artistes s'attirent toujours, il y a quelque chose qui se dégage et vous, c'est ...incroyable...une fée !
Il faut continuer votre chemin...
(je ne sais plus quoi dire, stupéfaite par cette petite dame qui ressemblait à celles que l'on rencontre dans les films fantastiques, je la regarde partir, son clin d'oeil remplace le coup de baguette magique et elle disparaît dans la foule...C'était la deuxième rencontre étrange de la journée, une rencontre très agréable et qui laisse derrière soi une poudre étoilée de rêves...Qui était cette dame? Je ne le saurai jamais, mais elle restera la petite fée de mes pensées.) »
Roxanne Du Lac
(Laetitia Marie-Legros) 2013
Le grand départ.
C'était le grand départ.
Nous avions un défi à relever: ne pas verser de larmes.
11 ans, ma taille, 3 pointures de plus que moi. Il est devenu grand en si peu de temps. Pour éviter tous sarcasmes: Un bisou rapide, un petit conseil de dernières minutes.
Voilà !
Il se retourne et me lance un clin d'oeil qui en dit long (t'inquiète pas maman, ça va bien se passer). Au fond de moi, je sens le coeur qui grince, j'ai les tripes flexibles: on m'enlève mon fils.
A peine monté, il s'est déjà assis confortablement à une place côté fenêtre. Un gosse s'installe près de lui. Ils se connaissent depuis deux minutes et ce sont déjà les meilleurs amis du monde.Une vitre nous sépare. Il fait le pitre à juste titre: ne pas pleurer ! Il ne faut pas pleurer !
Le départ est imminent.
Certains font la moue, d'autres se cachent. Il ne faut surtout pas voir leurs petits yeux larmoyants. Lui, il me regarde avec ses deux gros calots couleur azur. On décèle la malice, je devine la complicité.
Il lève la tête, reprend son souffle et remarque mon petit sourire narquois. Il me sourit puis lève son sourcil et son épaule comme pour me faire passer un message : non, tu ne m'auras pas ! Je vois bien! Il se contient. C'est devenu un petit homme...
Annonce du départ.
Fragilité féminine ? Je sens l'embouteillage se pointer dans ma gorge. Rétrécissements des voies, il y a un noeud insurmontable: je craque en essayant de garder un minimum de retenue. La plupart des parents sont derrière moi, c'est une chance ! Pour les autres : circulez ! Il n'y a rien à voir. Ok ! La journée devrait démarrer sur les chapeaux de roue, mais j'ai le périphérique oculaire fluide...dans ce cas, ce sont les craintes et la vigilance d'un coeur maternel qui réagissent. Laisser partir son enfant avec des étrangers c'est voyager vers l'inconnu par temps de pluie. Bon, ne poussons pas le bouchon un peu trop loin...
Mais quelle idée j'aie eu de m'éloigner du plus beau paysage de ma vie, de mon petit rayon de soleil ! Bien évidemment, il ne faut pas s'étonner après cela de voir le ciel s'assombrir et laisser échapper quelques gouttes de pluie. Je le vois agiter sa tête et me faire les gros yeux: non non, maman ne pleure pas ! Mes doigts me servent d'essuie-glaces automatiques, je souris. Il a gagné le défi et ça le fait rire !
L'amour maternel c'est souvent la roue de secours d'un gosse qui démarre dans la vie. Puis la roue tourne, il construit sa propre route.
Chaussée glissante de sentiments, les pneus s'accrochent...
Quoi qu'on en dise, par temps de pluie ou de neige dans son coeur il faut savoir garder ses distances et apprendre à briser les chaînes.
Bon voyage ma crapouille...
Roxanne Du Lac
Laetitia Marie-Legros 2012
Je bosse même si ça ne se voit pas !
Petites mains irréelles agitent les photos des jouets de ma boutique en ligne...
Que vois-je ?
Ils prennent vie, eux aussi!
Que vois-je ?
Ils prennent vie, eux aussi!
Mon esprit s'éveille sur internet.com. C'est si doux et si cyber doux, il est temps de beurrer ses biscottes pour vite aller faire rêver nos jolies "têtes blondes".
Il faut redorer...oups, que dis-je ? Il faut redoubler de vigilance car le monde du travail est loin d'être un monde imaginaire...
Je détestais mon patron et je me déteste d'être mon patron !
Je dois te laisser toi petite fille que j'imagine...
Petite Kim qui virevolte dans ma tête...
Petite Kim qui virevolte dans ma tête...
Pourquoi t'appeler Kim ?
Mon esprit vient de penser au petit déjeuner...Kim est donc ton prénom car Kimberley biscottes aura toute mon attention...
Comment ça ? Je joue et perds mon temps ?
Non, non, je travaille pour que tu joues, toi, petite fille imaginaire...
Imaginaire, tais-toi et laisse-moi travailler pour de vrai ! Cesse de prendre ma tête pour une salle de jeux virtuelle !
Bon, les garçons...Quoi de neuf ?
Les jouets ?
Oui, les jouets, je vais travailler, je cours vers la folie gigantesque de nos souvenirs enfantins...
Ce n'était qu'une pause, un temps de récréation...imaginaires !
Roxanne Du Lac
(Laetitia Marie-Legros) 2012
Le dernier train
0H40. Charles de Gaulle Etoile.
Je lève la tête et fixe le petit écran. Il est haut, bien trop haut. Je regrette mon petit mètre soixante. Impossible de lire.
Tout près de l'écran d'informations, une caméra: " Souriez...Vous êtes filmés !"
Ils aiment ça ...Enregistrer les comportements d'une foule de couche-tard. Tous fatigués après une journée de travail, une soirée arrosée, pressés de rentrer pour dormir quelques heures et nulle envie de payer le taxi.
Cet alignement de petits écrans, c'est le top départ. Eux, derrière l'écran, se frottent les mains.
-Allez ! A nous le lâcher de sauvages apeurés de ne pas avoir le dernier train.
Ils poursuivent chaque étape de notre course folle.
Ecran brouillé comme Canal plus quand on n' a pas le décodeur. Une tache blanche apparaît et disparaît. Lunettes au fond du sac. Pas le temps de les chercher. Et si c'était mon dernier train à l'approche ? Technique rudimentaire à l'épreuve. Je plisse les yeux pour réduire mon trouble "myopique". Je peux enfin lire la destination. Plantée devant l'écran, les yeux bridés, ce n'est pas ce soir que je vais attirer mon public d'admiration. J'ai toujours voulu faire du cinéma, je me contenterai d'une scène de sketch. Je les imagine, eux, les contrôleurs, derrière leur écran de surveillance. Je suis certaine que leurs visages esquissent un sourire. Allez-y, riez ...Moquez vous de nous ! Aie, ils ne peuvent plus me voir. C'est le marathon de Paris, ici !
La foule accélère le pas. Elle m'entraîne dans un tourbillon de folie. Je tourne sur moi-même. Effet culbuto.
- Non, mais s'ils pensent qu'ils vont gagner la course, ils se trompent les loulous ! Faut pas me chercher, moi !
Talons hauts, vêtue d'une panoplie BCBG, je vaincrai avec élégance.
C'est parti !
Je tiens mon pass Navigo entre les mains. Seulement un détail technique de rapidité pour franchir un des obstacles. Première haie à sauter. Ils sont tous agglutinés devant la barrière de contrôle, tickets à l'unité entre les mains, glissements lents dans la fente. Héhé, moi, je suis une privilégiée. Un simple frottement de ma carte passe partout, petit bip électronique et les portes s'ouvrent. Un type tente de passer avec moi. Furieuse, je me retourne. Je fronce les sourcils et d'un mouvement, je le bloque.
-Non mais, tu ne connais pas les règles du jeu, toi ! Espèce de tricheur ! Je paie plus de 80 euros par mois pour avoir ce petit privilège, tu ne crois tout de même pas que je vais t'en faire profiter.
Les portes se referment. Ha ha, un de moins dans la course. A moi le dernier train ! A moi la victoire !
Il ne faut pas lâcher les efforts, je cours toujours. Derrière moi, l'armada. Les pas résonnent sous terre. Une véritable marche militaire. Tous prêts pour l'ultime combat.
Virage brut sur la gauche, j'arrive au second obstacle: l' escalator.
Je descends à toute vitesse, je prends la voie de droite, ligne droite dans un couloir sombre. Même pas peur ! Je file en laissant derrière moi l'écho de leurs pas. Je suis poursuivie, je le sens. Des fous hurlent. Je ne veux pas mourir ! J'accélère le rythme.
Dernier obstacle avant la victoire : Escalator numéro 2.
Tout va très vite. Dans la précipitation, mon corps est lancé dans le vide, je ne le contrôle plus, j'essaie de ralentir un peu avant de m'envoler, car je ne sais pas voler et en général, dans ce genre de situations, l'atterrissage fait toujours mal. Mon sac chargé cogne le long de la paroi grise de l'escalier mécanique.
Cri de désespoir.
Mon sac s'est retourné. Mon porte-feuille s'est barré, mes cartes se sont éparpillées sur les marches coulissantes. Bout de piste, elles s'enfoncent et disparaissent sous le sol. Si mes cartes prennent le même chemin, je bloquerais la machine et mes adversaires. Astucieux, mais merde, je vais me faire repérer. Ils retrouveront mon identité et puis, j'y tiens à ces cartes.
Mission accroupie.
Je ramasse mon porte-feuille et les cartes par ordre d'importance: carte bancaire; carte de sécurité sociale; carte d'étudiante...Escalator terminus. J'ai réussi ! C'est le moment ou jamais d'y croire. Je m'imagine sur les starting-block, je me redresse. " A vos marques, prêts, partez."
Dernière ligne droite.
Les portes s'ouvrent à moi et le signal stressant m'avertit qu'il est temps de sauter dans le train. J'entre. Victoire ! Les portes se referment. Je vois des visages crispés apparaître, ils affluent à travers la vitre. Le train est en marche. A mon tour de leur dire: "Souriez, vous êtes filmés."
Roxanne Du Lac
(Laetitia Marie-Legros) 2011
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Commentaires (Ancien blog) sur Le dernier train.
Posté par Gourmandise, dimanche 12 juin 2011
La médaillée d'argent.
Je suis médaillée d'argent ! Un grand événement, n'est-ce pas ?
Comment cela est-il possible ? C'est bien simple.
Le matin, c'est la course. Dernière ligne droite, j'accélère la cadence. Le regard droit devant moi, extrêmement concentré. Mais, je n'ai plus 20 ans maintenant et tout se joue sur un fil. Grande déception. Je ne perds pas espoir pour autant. Je m'élance, j'arrive au bout de ma trajectoire, je touche du bout des doigts la victoire. Je m'avance encore un peu, je ne quitte pas des yeux l'objectif de ma gloire. Lorsque je m'aperçois que je ne peux atteindre la ligne blance. Une personne me fait obstacle. Impossible de lui faire face et pourtant c'est un véritable face à face. Oui, c'est bien ma face que je vois dans ce miroir ! Quelle audace ! Mon propre reflet devenu un contre-temps fâcheux ! Qui aurait pu l'imaginer, il y a quelques années? Bien évidemment, il ne peut que gagner. Je veux bien me tenir en retrait à mon grand regret, mais non, non et non, je ne m'effacerai pas. Éliminer cette saleté de reflet qui impose la réalité m'ôterait tout espoir d'exister. D'accord, je te cède l'or, cette belle couleur aux reflets blonds, éclatante de jeunesse et je me contenterai d'être la médaillée d'argent. Putain de cheveux blancs !
Roxanne Du Lac
(Laetitia Marie-Legros) 2011
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