Roxanne du Lac ( Laetitia Marie)

vendredi 21 février 2014

Démocratie et littérature.




CHAPITRE XIII.
Physionomie littéraire des siècles démocratiques (extrait)



Dans les démocraties, il s’en faut de beaucoup que tous les hommes qui s’occupent de littérature aient reçu une éducation littéraire, et, parmi ceux d’entre eux qui ont quelque teinture de belles-lettres, la plupart suivent une carrière politique, ou embrassent une profession dont ils ne peuvent se détourner que par moments, pour goûter à la dérobée les plaisirs de l’esprit. Ils ne font donc point de ces plaisirs le charme principal de leur existence ; mais ils les considèrent comme un délassement passager et nécessaire au milieu des sérieux travaux de la vie : de tels hommes ne sauraient jamais acquérir la connaissance assez approfondie de l’art littéraire pour en sentir les délicatesses ; les petites nuances leur échappent. N’ayant qu’un temps fort court à donner aux lettres, ils veulent le mettre à profit tout entier. Ils aiment les livres qu’on se procure sans peine, qui se lisent vite, qui n’exigent point de recherches savantes pour être compris. Ils demandent des beautés faciles qui se livrent d’elles-mêmes et dont on puisse jouir sur l’heure ; il leur faut surtout de l’inattendu et du nouveau. Habitués à une existence pratique, contestée, monotone, ils ont besoin d’émotions vives et rapides, de clartés soudaines, de vérités ou d’erreurs brillantes qui les tirent à l’instant d’eux-mêmes et les introduisent tout à coup, et comme par violence, au milieu du sujet.
Qu’ai-je besoin d’en dire davantage ? et qui ne comprend, sans que je l’exprime, ce qui va suivre ?
Prise dans son ensemble, la littérature des siècles démocratiques ne saurait présenter, ainsi que dans les temps d’aristocratie, l’image de l’ordre, de la régularité, de la science et de l’art ; la forme s’y trouvera, d’ordinaire, négligée et parfois méprisée. Le style s’y montrera souvent bizarre, incorrect, surchargé et mou, et presque toujours hardi et véhément. Les auteurs y viseront à la rapidité de l’exécution plus qu’à la perfection des détails. Les petits écrits y seront plus fréquents que les gros livres, l’esprit que l’érudition, l’imagination que la profondeur ; il y régnera une force inculte et presque sauvage dans la pensée, et souvent une variété très grande et une fécondité singulière dans ses produits. On tâchera d’étonner plutôt que de plaire, et l’on s’efforcera d’entraîner les passions plus que de charmer le goût.
Il se rencontrera sans doute de loin en loin des écrivains qui voudront marcher dans une autre voie, et, s’ils ont un mérite supérieur, ils réussiront, en dépit de leurs défauts et de leurs qualités, à se faire lire ; mais ces exceptions seront rares, et ceux mêmes qui, dans l’ensemble de leurs ouvrages, seront ainsi sortis du commun usage, y rentreront toujours par quelques détails.

De la démocratie en Amérique. Alexis de Tocqueville


jeudi 13 février 2014

Les oubliés.

Quiétude de la nuit, la pièce respire, l'ampoule s'affaiblit, puis s'éteint sans éclats...
Je poursuis mon travail dans le noir à la lueur de mon écran d'ordinateur. Quelques minutes passent.
L'ampoule se réanime tel un feu qu'on attise avec délicatesse. La lumière envahit à nouveau la pièce. 
La clenche de la porte s'incline vers le bas puis se relève en silence. Personne devant, personne derrière.
Je souris, ça tombe bien, je souhaitais faire une pause...
Installez-vous, prenons un café et discutons...
Il me reste peu d'heures de sommeil, la rue s'anime dès l'aube. Les fous se réveillent, il est temps pour moi de me reposer. Plus la lumière du jour se glisse entre les ruelles du village et plus la circulation s'affole.
Je me couche au petit matin, je me lève au petit matin, je suis au rendez-vous du petit matin.
Quelques minutes de retard, on me refuse.
Je me révolte.
Vous, qui la fois précédente, osiez me convoquer à un rendez-vous en sachant que vos portes seraient fermées. Vous, qui pensiez qu'Amazon ou l'espace culturel de Leclerc étaient des librairies. Vous, qui osiez me dire que la littérature n'existe plus. "Oh, Ma Dame, je vous mets dans quelle catégorie ? Les Lettres n'existent pas dans mon fichier informatique."
"Les Lettres s'effacent, les chiffres prennent le pouvoir...A quoi ça sert de mettre les chiffres en avant quand on ne sait pas compter...Moins d'offres que de demandes, travailler plus pour gagner moins, tout cela pour dépenser plus que l'on a. Créez la case: rêveur en perte de créativité ou bien en voie de disparition"

Aujourd'hui, vous me refusez pour une aiguille au poing levé un peu trop haut. Veuillez m'excuser, je ne porte pas de montre. Le temps est un leurre qui conduit l'Homme à l'anéantissement. Je hais cette dépendance qui me lie à vous.
Vivement le retour de la nuit, les fantômes sont des êtres bien plus intéressants, ils m'ouvrent les portes et m'éclairent vers un autre monde: celui des oubliés.



Roxanne Du Lac (LML) 2014

mercredi 12 février 2014

Le Vaisseau Spécial


Le Vaisseau Spécial
(Laëtitia Marie)



Travail d'écriture "radiophonique" 
( musique imposée, texte libre, travail sur la voix, 
introduire des bruitages, enregistrement sur un simple smartphone)


mardi 11 février 2014




Je ne voulais pas naître. Mes parents ont attendu sept années avant de me voir apparaître.
Je ne voulais pas naître. J'ai tardé, dépassé la date avant d'être.
Je ne voulais pas naître. Je connaissais déjà mon caractère salpêtre.
Je hais ce monde. Je ne suis pas de ce monde et je ne le serai jamais.

Roxanne Du Lac
(LML)

lundi 3 février 2014

Va me chercher des bananes!

Extrait: 

Vile putain qu'elle est, prête à déféquer sur ce monde tout aussi ignoble qu'elle. Elle veut jouer dans la cour des grands, mais elle n'est qu'une petite poupée au corps désarticulé. Rien dans la tête. Petit grain de folie. Hauts les cœurs, huez si cela vous plaît la sorcière qui est en elle. Haut-le-cœur, elle vous gerbe son bouquet fleuri de douleurs sur vos faibles esprits étriqués. Elle emmerde le conformisme, les obligations et les restrictions. En somme, elle emmerde la vie depuis sa naissance. Rien de plus égoïste que de donner la vie. Son premier cri déversait sa haine contre cette sélection naturelle incontrôlable. Pourquoi elle ? Qui avait décidé pour elle ? Elle ne voulait pas vivre parce qu'elle préfère la nuit, les fantômes, l'invisible, le silence, le néant. La vie est une torture perpétuelle. La beauté des paysages, les sentiments d'amour, les joies ne sont que des leurres pour lui faire accepter une condition humaine qui salit son âme et son innocence. Dis, quand arrivera l'heure du soulagement ? Quand la mort viendra-t-elle balayer tous ses péchés d'avoir vécu dans un monde qu'elle n'a jamais désiré. 

(Laetitia Marie-Legros)1993-2013

Cher Père Noël,

Je souhaiterais un punching ball avec mon portrait. J'ai besoin de me défouler sur ma plus grande ennemie.

Roxanne Du Lac (LML)2013

La valise vide





Aujourd'hui, je ne pars pas sur Paris les mains vides, mais avec une valise vide.

Un petit voyage imaginaire.


A mon retour, elle sera peut-être chargée d'histoires à raconter...


Roxanne Du Lac (LML) 2013