Roxanne du Lac ( Laetitia Marie)

samedi 7 juin 2014

Au grenier des décapités






Dans ce grenier, il y avait un démon, c'était donc vrai!
Depuis son arrivée, elle n'avait pas pris le temps de s'occuper de ces cartons entreposés, là, dans le noir. Des bibelots en boîte, des conserves "souvenirs", il suffisait d'éventrer ces cartons pour retrouver une mémoire servie sur un plateau d'argent, simple reflet de ses cheveux blancs. En les ouvrant, elle découvrit avec stupeur les cadavres de ses chérubins.
Diantre! Tous les anges étaient décapités! 
Elle ne rêvait pas: le sort était le même pour toutes les petites statuettes. Chacune de ces boîtes dissimulait sous un linceul de papier journal, la triste nouvelle. 
Que voulait ce démon, se faire une soupe aux cheveux d'ange?
Un seul avait survécu au massacre. Il demeurait sur une étagère, là, au rez-de-chaussée. L'oublié aux ailes coupées, n'était pas parvenu à s'envoler jusqu'au grenier des décapités.

vendredi 30 mai 2014

Paris Fantastique de Rodolphe Trouilleux




Rodolphe Trouilleux, c'est un Mercier, un Restif de la Bretonne du XXIe siècle ...
Il ne raconte pas, il vit et nous fait vivre ces histoires merveilleuses, bizarres, incroyables !
Je vous conseille vivement ce livre aussi remarquable que son auteur. Laissez-vous emporter par sa magie et vous découvrirez un "Paris Fantastique"! (LM)




Paris Fantastique
Rodolphe TROUILLEUX

Dans Paris macabre (Le Castor Astral, 2012), Rodolphe Trouilleux proposait déjà une géographie du pittoresque et de l’incroyable. Toujours animé de ce goût de l’étrange et vu le succès du livre, l’auteur a voulu poursuivre sa quête du merveilleux parisien. Rodolphe Trouilleux sort ainsi de nouvelles affaires, toutes authentiques, découvertes en fouillant des masses archives et divers grimoires devenus introuvables. Livre en main, le lecteur peut ainsi partir à la rencontre d’un « folet » napolitain ou d’un fakir birman, comprendre pourquoi Bichat perdit, puis retrouva sa tête. Il peut chasser le lapin au Père-Lachaise, entendre des voix tirées du néant ou croiser un pharmacien astronome. Bien d'autres récits, contés avec précision et humour par Rodolphe Trouilleux, détective de l'histoire, attendent l’amateur d’insolite. Grâce à des localisations géographiques précises, le Parisien néophyte autant que l’arpenteur obstiné partiront, sourire aux lèvres, à la découverte des affaires les plus bizarres et incroyables des rues de la capitale.

mercredi 28 mai 2014

La  violence  est un cadre de vie nauséabond qui emprisonne la toile, vole l' identité du portrait, massacre ses couleurs naturelles. Aidez l'oeuvre fragilisée à retrouver ses expressions d'origine, libérez-la du cadre!


LM (mai 2014)

mardi 20 mai 2014

A ton absence!

Perdus les mots,
Perdues mes insomnies, 
Mon coeur en lambeaux; 
Soupirs etouffés par l'agonie. 
Les nuits sont sombres, les jours obscurs, 
Je tends ma main vers le firmament. 
Pluie de pavés en sépultures
Coulent les larmes de Satan. 
Allez l'ami, cicatrise mes blessures!
Emporte-moi vers tes sentiers battus!
Enivre-moi de tes alcools défendus!
Perdue la passion, 
Perdu le chemin, 
Je cherche ma route sans prétention
Dans la profondeur de tes yeux divins. 
Venin de mes incertitudes, 
Je divague sous l'emprise de ton absence. 
Assassin de ma béatitude, 
Je m'accroche aux promesses de la magnificence. 
Où sont les splendeurs de mes souvenirs ? 
Quand résonne le silence de mon avenir. 

LM Les pieds ailés au coeur désemparé
Une candidature spontanée, c'est quoi? c'est écrire une lettre dans un parc pour enfants, jouer avec eux, se tromper une fois, se tromper deux fois, ne pas pouvoir se tromper une troisième fois car tu n'as plus de papier... sortir du parc, voir son nom et réaliser qu'il était évident de se tromper au jardin des éléphants.
LM (mai 2014)
L'écran de mon ordinateur devient vert et rose, je crois que je suis connectée à une planète extraterrestre pendant la saison des amours.
Roxanne Du Lac (LM) 13 mai 2014

vendredi 21 mars 2014

Insomnie de l'inconscient


Ne plus avancer, marcher à contresens. 

Mon cœur bat à l'envers. Je débite et décrypte le verlan de mon inconscient. 
Foule angoissante. 
J’étouffe. Agonie suffocante. La vie est provocante, n'est-ce pas ? 
J'ai la tête en vrac. Je veux courir sans mes jambes, tendre mes « sans bras » vers toi. 
Me recouvrir d'un drap. Devenir un fantôme qui déambule dans les couloirs de la vie.

Morcelée, décomposée.
Se décomposer pour mieux composer.
Pour une fois, je n'ai pas envie d'écrire. Je veux parler, crier, expulser mes souffrances.
Le mutisme est parfois trop bavard. Je suis à la fois victime et barbare.
Sors de mon corps !
J'attends que le vent souffle pour me sentir plus légère. Virevolter dans l'insouciance, loin de mon existence « mappemonde », réalité immonde nappée de beautés sucrées.
Immondices de contradictions à jeter sur du papier recyclé.
Me recycler, m'effacer, me gommer, me réécrire.
Tout se mélange.
Plus rien à de sens.
Je veux dormir d'insomnies. Vivre la nuit, mourir le jour.
Réservoir à sec, teint blanc-bec, tout mon être en break.
Obstacles et chaînes se déchaînent, propulsés, explosés. Je me déchire.
Je ne suis qu'une particule de moi-même. Je ne me connais pas. Mon reflet n'est qu'une image approximative. Ma voix, l’écho d'un autre.
Mon esprit apprécie les voyages qui le décrochent de la corde qui le pend à la vie.
Larguer les amarres.
Respirer le grand air.
Manquer d'aires.
Les abondances de mes réminiscences s'échouent sur la fréquence de l'absence. Je ne suis plus là, ici et ailleurs.
Voguer sans navire. Des rêves devenus vagues.
Partager mon Lucifer à chaque gorgée. Me noyer aux profondeurs de l'ivresse. Tourner la page. Reprendre au début. Retenir la fin et oublier le reste.
Pirater mon être, laisser mon paraître sur l'île déserte des connaissances.
Exubérance de l'enfer, parade et contre parade du paradis.
Cadre sans style. Je veux sortir de la toile. Mes cheveux dénoués, ondulés transportent le radeau vers un tourbillon médusé. Un parfum de gouaches se propage sur la voie contradictoire. Je rêve de devenir un piaf qui vaut mille or, emporté par la houle de mes souvenirs. Refrain lointain à la voix éraillée d'un vinyle rayé. Se perdre dans l'abstrait des rêves.
Tout se mélange.
Je dessine l'esquisse d'un tracé déjà colorié.
Réel ou imaginaire.
Rêves éveillés mènent vers la douleur du premier cri de la vie.
La vie est faite de contradictions. Naître sans être. N'être qu'un traître.
Laisser paraître un sourire courtois dans l'appendice d'une vie éteinte de réussites. Mes yeux ne pétillent plus. Ils crépitent et ravivent les lames funestes.
Bulles de champagne coupées du monde. M'isoler et m'éclater contre la paroi d'un verre vide.
Contresens et sens concrets.
Morte avant le combat.
Trajectoire en dérive, condamnée à subsister.
S'arrêter aux besoins primaires. Mon esprit est encerclé d'idées téméraires.
Se flageller d'être unique, avoir été le flagelle qui a tué ses frères.
Ne pas supporter autrui et se soumettre à l'autre.
Oublier l'animalité, censurer la normalité, accentuer la vulgarité d'une existence inutile.
Trouver, perdre, s'acharner, suffoquer.
Il pleure l'enfant que je n'aurai jamais. Nausées prématurées d'un ventre creux.
Prier pour ne rien changer, que les saints me nourrissent de leurs charognes.
Le lai coule sous mes plaies aux délicats plaisirs avariés, papier imbibé d'une eau croupie.
Symboles de vie.
Éléments fortifiants offerts au compte-gouttes. Tendre anémie voile doucement l'alchimie de mes os septiques qui se décomposent avec l'aide de la chère Mère aux nerfs à vif.
Prétexte sous-jacent de mes craintes immatures. Folie machiavélique enivre les mauvais esprits.
Principe de l'illogisme, sens cachés ou inversés.
Je censure et oublie ma mémoire.
Mûrement, je réfléchis, violée par la naïveté emmurée.
Déjà demain.
Aujourd'hui, pas encore.
Hier, peut-être.
La vie est une douce voie contradictoire. L'humain, un être conscient perdu dans l'inconscience de la Planète Terre. Tête ronde, pensée plate.
La vie est un leurre, une image, un mythe.
On n'existe pas, on n'existera jamais. Le temps ne s'endimanche du pluriel que pour plaire aux orgueilleux. On y laisse un « s » pour tromper l'ennemi, cacher la vérité. Tenir en laisse, accéder à la sagesse, inventer la philosophie. Le temps est le seul à préserver tout son sens.
Aucun retour en arrière possible.
Vouloir des limites dans l'infini.
Si l'existence est insupportable, il faut taire ses plaintes et condamner celui qui a voulu nous mettre sous terre.
Nourriture terrestre. Voilà, ce que nous sommes !
On vit, on meurt. On s'enterre pour nourrir la Terre. La nature prend le meilleur et laisse aux hommes la vermine polluante qui les constitue.
Ne pas entendre l'alarme. Se réveiller sans avoir dormi.


LML ( 21 mars 2014)